Un atelier maçonnique c'est un groupe de recherche spirituelle

Au cœur de l'activité du Grand Orient Ecossais de France se trouve un groupe de francs maçons qui se réunit régulièrement autour de travaux d'étude, de planches symboliques et d'échanges fraternels.

Notre méthode privilégie la lecture attentive des sources, la confrontation des points de vue et la lente maturation d'une compréhension partagée.

La Franc Maçonnerie est un sport individuel que l'on pratique en équipe

Le symbolisme : une méthode d'étude rigoureuse

On parle de symbole à propos de beaucoup de choses en méconnaissant totalement la nature profonde de ce merveilleux outil de communication.

Le mot et son concept remontent à l'antiquité la plus ancienne, mais sa construction étymologique est grecque : « sumbolen ». Le sumbolen antique est, dans sa forme artisanale, une pièce de terre cuite, un simple jeton. Sa fonction est de permettre une reconnaissance sans faille entre deux personnes, même si elles ne se sont jamais rencontrées avant le premier contact personnel.

Reportons-nous quelques millénaires en arrière : les voyages sont longs et dangereux ; pourtant le commerce est florissant et les rapports transnationaux sont multiples. De nombreux pays entretiennent des relations politiques, commerciales, religieuses avec des contrées parfois fort reculées : l'exemple d'Alexandre de Macédoine est là pour le prouver si besoin était.

Étude — livres anciens
L'étude patiente des sources, socle de toute démarche initiatique.

Dans la même période, l'espérance de vie est plus courte et si l'histoire nous rapporte des noms de nobles vieillards chenus, beaucoup meurent jeunes, les générations sont donc plus courtes aussi.

Le problème à résoudre est donc le suivant : je suis un commerçant phénicien et j'ai noué des relations garantissant un accord commercial important avec un Sabatéen de Ma'rib au fond de la péninsule arabique. Je suis âgé et je veux envoyer mon fils traiter à ma place le renouvellement de ce contrat sur place auprès de mon correspondant.

Comment le faire reconnaître comme mon mandataire légitime malgré la distance et la différence de langue ? Impossible. Et arrivé sur place, que se passera-t-il si mon correspondant est mort ?

Heureusement, je suis prévoyant. Lors de la conclusion de notre précédent accord commercial à ma dernière visite, j'ai donné à mon compère une moitié de jeton en terre cuite, à ma marque personnelle, que j'ai brisée en deux devant lui, chacun en conservant une moitié. Quand mon fils sera devant mon correspondant ou son successeur, ils présenteront chacun à l'autre la moitié en leur possession et la coïncidence de la brisure scellera la reconnaissance, sans doute possible.

Simple, pratique et efficace.

Le symbole est donc un élément matériel ou intellectuel qui, mis en ma présence, me révélera un message, d'une nature sans rapport avec la sienne, qui ne concerne que moi puisqu'il s'emboîte dans ma « moitié ». En l'espèce, la jonction de ces deux moitiés nous révèle mutuellement notre identité et renvoie au souvenir de notre rencontre et au contenu de notre accord.

Cela suppose, bien sûr, que nous convenions d'admettre que le symbole a quelque chose à me dire et que je sois capable d'apprendre par lui et pas uniquement par la combinaison de l'expérimentation reproductible et la logique du tiers exclu !

Cette approche détermine un certain nombre de caractéristiques qui distinguent le symbole d'autres méthodes de connaissance : l'analogie, qui procède par comparaison d'éléments de même nature mais de classe différente (la maison et la coquille d'escargot), la convention, qui suppose une relation convenue entre le signifiant et le signifié (le panneau de sens interdit), l'emblème qui n'est qu'un rapprochement conjoncturel entre un sigle et une fonction (le sceptre pour la royauté), etc. Le symbole, quant à lui, est intemporel, naturel, autonome, personnel et complexe.

Intemporel

Pour appartenir à cette catégorie de langage, le symbole ne doit pas être limité à une époque ou une culture, mais doit pouvoir traverser le temps et l'espace sans perdre de son pouvoir signifiant. C'est le cas de nombreuses figures géométriques et des nombres. Les couleurs sont davantage liées à la culture du moment. Les éléments naturels (mer, montagne, vallée, forêt) gardent une signification plus stable. Il faut cependant rester prudent sur l'interprétation des sentiments que nous prêtons aux civilisations disparues en déchiffrant les traces qu'elles nous ont laissées.

Naturel

Son action ne doit pas nécessiter autre chose que sa simple présence : point d'adjuvant, de support particulier, de combinaison obligatoire, d'artefact. Son apparition élémentaire doit opérer chez celui qui le reçoit en dehors de tout arrangement intellectuel ou matériel. Si vous avez besoin d'explication, c'est que le message n'était pas pour vous !

Autonome

Il n'y a dans le symbole aucun mécanisme, aucune préparation : ce qui a été gravé il y a deux millénaires peut agir à la simple lecture du découvreur. À ce moment encore, rien ne doit interférer entre le symbole et le receveur.

Personnel

C'est là un élément fondamental du symbole qu'il est très important de bien comprendre. Le symbole, comme le sumbolen antique, appelle sa moitié qui est en ma possession. Ce rapprochement suggère que le message m'est destiné personnellement et que le message pour mon voisin peut être différent (ce qui ne veut pas dire qu'il le sera obligatoirement) ; différent, et cependant non contradictoire.

Ma culture générale, la profondeur de ma réflexion, mon habitude de la méditation, mes centres d'intérêt, ma capacité déductive, mon habileté inductive, ma pratique des symboles, toutes ces caractéristiques personnelles expliquent à elles seules la différence qui existe entre l'échange qui va avoir lieu entre ce symbole et moi, ou entre lui et mon voisin.

Cela suggère également qu'il est déraisonnable de proposer un dictionnaire exhaustif des symboles : cette entreprise est vouée par nature à l'échec. On peut tout au plus proposer des pistes de signification qui ne seront, en fait, que les messages reçus par l'auteur, agrémentés d'autres pistes glanées ici ou là. Mais la seule signification intéressante, c'est-à-dire opérante, sera celle que le symbole vous livrera personnellement.

Vous l'aurez compris, parler d'un symbole c'est d'abord parler de soi et de sa part intime révélée.

Complexe

Complexe ne veut pas dire compliqué, mais veut exprimer la richesse du symbole. Le message qu'il transmet est non seulement personnel mais comporte de multiples niveaux d'implication. Ce qui signifie que le même symbole peut voir sa signification s'épanouir avec le temps et que sa fréquentation est profitable.

Sa simple « lecture » ne suffit pas à épuiser ses possibilités d'apport signifiant. Sa méditation répétée permettra d'approfondir la relation personnelle qui, seule, ouvrira l'éventail des sens, voie royale d'accès à la Connaissance.

Voilà de nouveau une différence fondamentale entre le symbole et d'autres voies d'accès à la connaissance : à la différence de la lecture d'une théorie ou de la démonstration d'un théorème, la rencontre avec un symbole peut être le début d'une longue fréquentation fructueuse dont la richesse n'est jamais épuisée.

Programme

Thématiques étudiées

  • 01
    Le symbolisme du Temple

    Le symbole du Temple de Salomon que le Rite Écossais Ancien et Accepté utilise n'a rien à voir avec la religiosité. Ce temple mythique qui n'a jamais existé en dehors de la description biblique est de la même nature que les Palais de l'art de la mémoire : un outil de remémoration du chemin initiatique qui est proposé au cherchant. Ce temple peut se décliner en de nombreuses transfigurations alchimiques, chamaniques, kabbalistiques, numérologiques ou géométriques comme une queue de paon.

  • 02
    Les outils et leurs sens

    Les outils qui sont mis progressivement dans les mains des maçons, degré par degré, partent de leur utilité opérative pour s'ouvrir progressivement grâce au symbolisme à une opérativité spéculative qui aide à approcher différemment les grandes questions existentielles : Vérité, Justice, Honneur, Loyauté, Devoir.

  • 03
    L'histoire du rite écossais

    L'histoire du Rite Écossais, nous l'avons dit, est une succession d'ajouts, de surenchères et d'enrichissements au cours du temps dont l'origine est essentiellement française. Du Rite de Perfection d'Etienne MORIN avec l'Ordre du Royal Secret aux alentours de 1768 jusqu'à nos jours, ce Rite Écossais a suivi les évolutions sociales et politiques. Pour profiter des trésors qu'il contient, il est important d'en connaître les avatars. Tous les systèmes des Hauts Grades continentaux en sont issus à de rares exceptions près. C'est pourquoi nous maintenons vivante la pratique d'Etienne MORIN selon une copie de 1787.

  • 04
    Tradition primordiale

    Nous nous référons à une Tradition Primordiale ou Sagesse Pérenne qui apparait aisément à l'étude des grandes mythologies passées qui nous sont accessibles dès lors que l'on s'extrait d'une lecture littérale. En actualisant nos connaissances de l'environnement socio-politique de l'époque, on peut comprendre que dans toutes les civilisations qui nous ont précédés, il y eut des penseurs éclairés qui ont approché les vérités éternelles : existence d'un Grand Esprit initiateur de l'Univers, faiblesses de nos moyens de compréhensions, sens de nos vies inclus dans le Sens Universel, présence d'une parcelle éternelle dans chaque incarnation, devoir d'amélioration individuelle pour l'amélioration de l'Humanité. C'est le fondement de notre travail en loge.

  • 05
    Méditation symbolique

    L'étude des symboles ne consiste pas en une lecture unique ou un seul travail exhaustif. Elle nécessite une maturation continue, une fréquentation répétée que l'on peut assimiler à des méditations. Ainsi le rapprochement du nombre 3 au symbolisme de la Triade n'épuise pas l'extrême richesse du symbolisme trinitaire qui remonte à la plus haute antiquité. C'est pourquoi nous attachons une si grande importance au silence : non seulement celui de l'apprenti, mais à tous les degrés, celui qui permet d'entendre et d'écouter vraiment sans jugement ni reformulation didactique. Le silence mental est le seul moyen de faire apparaître la voix du maître intérieur.

  • 06
    Éthique et action

    Toute la richesse des degrés, tout le travail individuel et en loge ne conduiraient qu'à une vaine gloire si cela ne se manifestait pas par une transmutation intime du maçon. Si le but ultime de la Franc Maçonnerie est clairement un développement spirituel, la construction progressive d'une éthique personnelle en est un corollaire indispensable. On ne peut pas se prétendre maçon sans que sa pratique sociale hors du temple en porte la marque. Le véritable maçon ne se reconnait pas à son tablier mais à son éthique dans l'action.

Le chercheur véritable n'épuise jamais son sujet : c'est son sujet qui peu à peu le transforme.
Activités

Travaux & ateliers

Tenues régulières

Une fois par mois, les membres de l'atelier se réunissent sur convocation pour écouter plusieurs travaux prévus au planning annuel. Ces réunions respectent un rituel correspondant au degré auquel l'atelier travaille. Ces réunions sont suivies d'agapes fraternelles offertes par des maçons présents.

Planches & écrits

Rédaction et présentation de travaux individuels en fraternité. Ces travaux sont écoutés dans le silence et jamais discutés. La parole peut ensuite circuler sur demande et autorisation du Président de l'atelier pour que les frères qui le désirent puissent compléter ou enrichir l'exposé.

Journées d'accueil

Nous organisons périodiquement des journées d'accueil des profanes pour une présentation découverte dans nos locaux. C'est l'occasion de rencontrer des maçons et de poser toutes les questions que vous souhaitez sur notre activité.

Rejoindre la recherche

Il est des moments dans la vie où la réussite professionnelle, la qualité de l'environnement matériel, la présence rassurante du conjoint, la fierté du parcours des enfants ne suffisent plus à combler un désir persistant bien qu'indéfini.

Il est des moments dans la vie où le sort semble s'acharner à contrecarrer nos projets, où la mort inattendue frappe à notre côté, où la maladie ébranle notre invulnérabilité, où le corps donne des signes de faiblesses.

Ces moments nous renvoient avec force à notre finitude et à la vanité des gloires passagères. Le sable coule entre nos doigts sans que l'on puisse le retenir. Ce n'est pas l'angoisse ni la peur, c'est un sentiment diffus de lassitude et d'espérance.

Lassitude de la répétition des jours et espérance d'autre chose que nous n'arrivons pas à nommer. Il doit y avoir autre chose…

La Franc-Maçonnerie, depuis des siècles, assemble des êtres humains en quête de ce dépassement du quotidien, de ce que nous appelons le temps et le monde profanes. Pas pour un endoctrinement trompeur ni des rêves fumeux. Pour une recherche de soi.

Socrate proposait : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les dieux ! ». Les découvertes des recherches en physique fondamentale comme en neurosciences convergent avec les leçons des philosophes grecs. La matière n'existe pas en elle-même en tant que réalité : elle n'est que des formes qu'adopte l'énergie vibratoire. La conscience n'est pas produite par le cerveau mais existe sans support. Pour le dire rapidement, il existe des réalités hors du monde tangible tel qu'il est appréhendé par nos sens humains limités.

C'est tout ce champ que nous appelons spirituel pour le distinguer du matériel que nous explorons en commun dans nos ateliers. Cela ne présuppose aucune connaissance particulière, aucun diplôme universitaire, aucune position sociale.

Seul le désir diffus d'autre chose que j'évoquais est nécessaire, avec la volonté de travailler à se découvrir avec l'aide des autres, sur le même chemin.

La démarche d'admission repose sur la rencontre, la mise en commun d'idéaux et la confiance partagée.

Si vous souhaitez correspondre avec nous, présentez votre cheminement et vos motivations par voie épistolaire.

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